Obsidian montre les liens entre vos notes

Sommaire

Comme l’expliquent ses 2 créateurs, Obsidian est né d’une frustration. Après avoir essayé un certain nombre de solutions, dont TiddlyWiki et TheBrain, Erica Xu et Shida Li ont posé les bases de leur solution. Avec les 3 éléments suivants comme fondamentaux :

  1. stockage d’abord en local, et avec des fichiers texte
  2. les liens sont primordiaux
  3. que ce soit super extensible

S’ils utilisent des termes comme “base de connaissances personnelles” ou “deuxième cerveau”, ils empruntent également à l’univers du développement logiciel. En considérant Obsidian comme un environnement de développement (IDE) qui facilite la saisie et la navigation d’un nombre important de fichiers interconnectés.

Obsidian

En tant qu’application de prise de notes, je vous propose de ranger Obsidian dans la catégorie des applications de “jardinage”. C’est Anne-Laure Le Cunff qui a défini ces trois catégories : architectes, jardiniers et bibliothécaires.

De fait, le “jardin d’idées” est rempli de notes, interconnectées, souvent du texte, écrit directement ou copié à partir de sources documentaires. L’application star de cette catégorie est Roam Research, et Obsidian lui ressemble sur un certain nombre de critères.


Les éléments clés d’Obsidian

Sur la page des Fonctionnalités, l’équipe met en avant 4 éléments

La portabilité du Markdown

Si vous ne connaissez pas encore Markdown, courez lire l’article Parlez-vous Markdown.

Obsidian supporte les variantes CommonMark et GitHub, avec quelques ajouts, dont les étiquettes (on en parle plus tard).

Obsidian Markdown

Couplé avec le 1er fondamental (stockage en local), cela veut dire que

les notes écrites avec Obsidian peuvent être lues par n’importe quel éditeur Markdown

Sans export. Sans transcription.
En terme de portabilité des données, on est tranquille.

Les notes reliées entre elles, techniquement et visuellement

Est-ce qu’Obsidian aurait autant de visibilité sans Roam Research ? Les deux solutions partagent un élément clé, qui est la visualisation de tous les liens entre vos informations.

Obsidian Graph View

Par défaut, le graphe montre toutes les interconnexions. Et en cliquant sur une note, vous voyez apparaître les notes qui y sont reliées. TheBrain propose une telle visualisation depuis des années, mais n’a curieusement toujours pas une grande visibilité.

L’interconnexion ne s’arrête pas au graphe. En effet, quand vous éditez une note, vous pouvez voir tous les liens vers cette note, et ainsi naviguer d’une idée à l’autre.

Un éditeur qui permet de suivre plusieurs contenus en simultané

Pour reprendre l’analogie de l’environnement de développement logiciel, Obsidian permet de positionner notes et graphique côte-à-côte. Ce qui est très utile quand vous travaillez sur un sujet complexe, qui requiert de passer régulièrement d’une information à une autre.

Obsidian Multi Pane

Des plugins pour améliorer l’outil

S’appuyant sur le troisième fondamental (super extensible), l’équipe a déjà développé un certain nombre de plugins qui permettent de compléter votre expérience avec l’outil.

On y trouve des fonctions de première nécessité, comme l’aperçu, les étiquettes et les favoris. Des éléments bienvenus comme le CSS pour modifier les couleurs de l’interface, et des raccourcis clavier pour se passer de la souris.

Fidèle à un approche de jardinier, Obsidian propose d’afficher une note au hasard pour renforcer les découvertes ou la mémorisation. Et aussi d’utiliser la méthode Zettelkasten pour classer plus facilement vos informations.

Deux améliorations payantes pour faciliter le partage de connaissances

Obsidian est gratuit pour usage personnel. Et il coûte $50 par an en usage professionnel. Dans les deux cas, l’hébergement et le partage des données est sous votre entière responsabilité. Ce qui est conforme à la philosophie de l’outil (“stockage en local”).

Néanmoins l’équipe travaille sur deux solutions autour du stockage en ligne. Celles-ci sont encore au stade de projets, mais montrent bien l’évolution à venir de l’outil

Obsidian Sync Publish

Sync, hébergement encrypté avec gestion des versions

Comme son nom l’indique, et comme ses plus grands concurrents, Sync permettra de déléguer la gestion de vos notes à Obsidian. C’est assez antinomique avec le point 1 (stockage en local). Néanmoins le stockage en ligne rend possible les (futures) applications mobiles, et aussi la diffusion des connaissances.

Et c’est là que Publish intervient.

Publish pour partager votre base de connaissance

C’est déjà un élément important avec Notion : la possibilité de transformer du contenu en mini-site internet. En effet, avec l’option Publish, vous rendez visible votre contenu et ses connexions. Et finalement Obsidian se tranforme en moteur de Wiki. Que ce soit en interne pour l’entreprise, ou pour partager des recherches universitaires, ou tout autre sujet interconnecté.


Obsidian en tant qu’application de prise de notes – la checklist

Comme Obsidian rentre dans la catégorie des applications de prise de notes, j’ai décidé de lui appliquer la checklist introduite en mars 2019.

1- Ecrire

Obsidian manipule des fichiers texte, au format Markdown. La notion de placement dans la note est donc toute relative, puisqu’une note est un fichier texte. On peut donc considérer qu’Obsidian se rapproche d’Evernote, avec un placement linéaire des éléments, les uns sous les autres.

Pour les to-do lists, Obsidian gère les cases à cocher, via le code [x] placé dans une liste.

Au niveau richesse du format, Obsidian supporte toute la palette Markdown. Ce qui inclut les titres de niveau 1 à 6, gras, italique, blocs de citation et de code, les listes simples et numérotés, et les tableaux. En complément du Markdown standard, on strouve aussi les équations avec LaTEX et le surlignage, qui est propre à Obsidian. En revanche, pas de choix de polices de caractères ni de couleur du texte.

Si les tableaux sont bien présents, c’est uniquement dans l’affichage. Obsidian ne propose pas de calculs.

Au niveau des modèles, vous pouvez bien sûr copier/coller vos notes. Il n’existe pour l’instant pas de bibliothèque de modèles, mais elle est sur la roadmap dans les éléments “en cours”

Dernier point de cette section Ecriture, on s’en doute un peu, les notes manuscrites ne font pas partie des options d’Obsidian.

2- Collecter

Cette section est la plus simple à couvrir : à ce stade, Obsidian se concentre sur la prise de notes dans l’application. Pas de Web Clipper, pas de création de notes par email ou de scan.

3- Organiser

Le plugin Tags permet de repérer les #étiquettes ajoutées dans les notes. Vous pouvez ensuite faire des recherches sur ces étiquettes. Comme elles sont intégrées au texte, leur nombre et leur emplacement ne sont pas limités.

Obsidian Tags étiquettes

Les raccourcis et la navigation sont un des points forts d’Obsidian. Au niveau le plus simple, chaque note peut être mise en raccourci. Elle apparaît alors dans le panneau de gauche. Mais surtout, les notes sont interconnectées.

Au niveau classement, on se retrouve avec une proposition proche d’Evernote : alphabétique ou par date.

4- Trouver

Obsidian propose une recherche globale qui considère à la fois les noms des notes et leur contenu.
La recherche est prédictive : les résultats s’affichent dès que vous commencez à taper. Pour les plus pointus, il est même possible d’utiliser des expressions régulières pour filtrer de manière plus fine.

Obsidian Search Recherche

Pour sauvegarder une recherche, rien de plus simple. Il suffit d’aller sur l’onglet des favoris et de cliquer sur le bouton “mettre la dernière recherche en favori”

5- Partager

Comme Obsidian s’intéresse avant tout au contenu, il ne propose pas d’option d’annotation d’images en natif.

Et au niveau du partage, on développe la logique initiale : ce sont vos fichiers, sur votre espace de stockage. Et ils peuvent être lus par n’importe quel outil qui comprend le Markdown. Vous héritez donc des options de partage de votre stockage.

Si toutes les notes sont uniquement sur votre disque dur, vous pouvez les envoyer par email, ou via une clé USB. Si elles sont stockées sur un espace partagé de type Dropbox, Google Drive ou OneDrive, vous pouvez partager le lien du fichier, voire du répertoire entier.

6- Et le reste

Comme les notes sont sur votre espace de stockage, Obsidian garantit le même accès hors-ligne qu’à tout fichier sur votre disque dur.

L’application est disponible sur PC, Mac et Linux. Pas d’option mobile pour le moment. Elle est prévue pour “le long terme”, plus sous la forme de consultation.

Au niveau du prix, Obsidian est gratuit pour un usage personnel, et est proposé à $50 par utilisateur et par an dans le cadre d’un usage professionnel.


Alors, Obsidian, comment je l’utilise ?

A titre personnel, j’ai commencé à utiliser Obsidian pour remplacer Atom comme éditeur Markdown. J’écris tous les premiers jets des articles du blog OutilsNum en Markdown. Je les importe ensuite dans WordPress, et les termine dans l’interface WordPress. En utilisant Obsidian ainsi, je ne mets pas à profit les liens entre les notes, mais le stockage local et le Markdown.

Je l’utilise également pour une mission de conseil. Dans cette mission, j’interviens sur services de l’entreprise, et sur plusieurs sujets. Ceux-ci sont interconnectés, et là j’utilise les liens entre les notes. J’avoue que le graphe ne me parle pas trop. En revanche j’apprécie de pouvoir naviguer d’une note à l’autre en mode “hypertexte”. On est de retour aux débuts du web, où l’idée était de relier les connaissances entre elles.

Allez, deux liens en complément

Et bien sûr pour tester Obsidian : https://obsidian.md/

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