Quand j’oublie quelque chose, j’ai tendance à m’en vouloir et pourtant, des neuroscientifiques ont découvert que l’oubli n’est pas un dysfonctionnement, mais un processus naturel et nécessaire pour notre cerveau.
Bienvenue, vous êtes sur “j’ai pas le temps pour ça”, le podcast proposé par Eric Bouchet. Je vous partage des trucs, des astuces, des outils et des méthodes pour être plus efficace au quotidien et terminer la journée plus tranquillement.
De quoi s’agit-il ? C’est une étude publiée dans Cells Report en 2023 et menée par Livia Autore et son équipe du Trinity College de Dublin qui essayaient de comprendre le fonctionnement de la mémoire. Qu’est-ce qu’ils nous disent ? Lors d’un apprentissage ou d’une expérience, le cerveau crée des connexions entre les neurones. Ces connexions sont appelées engrammes et constituent la trace physique d’un souvenir dans le cerveau, comme un réseau de fils électriques qui s’allument ensemble pour former une image ou un souvenir.
L’expérience qu’ils ont faite sur des souris consistait en trois étapes :
- dans un premier temps, les souris découvrent des objets, en l’occurrence des bouteilles d’eau dans une pièce avec des motifs triangulaires.
- une heure après, elles sont exposées à d’autres objets, des statues dans une pièce avec des rayures
- le lendemain, on fait un test de mémoire avec les deux types d’objets.
Les résultats de ce test ont montré que les souris semblaient avoir oublié la première expérience avec les bouteilles et les chercheurs ont découvert que ce souvenir n’était pas effacé, mais simplement mis en veille et qu’il pouvait en fait être réactivé.
Selon le Dr Livia Autore :
l’environnement change constamment et pour nous adapter à un monde en évolution, nous devons mettre à jour nos souvenirs
D’après elle, l’oubli permet de :
- trier les informations
- actualiser nos connaissances
- nous adapter à de nouvelles situations.
Concrètement, cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour la compréhension des troubles de la mémoire, le développement de traitement pour les maladies neurodégénératives et l’amélioration des méthodes d’apprentissage.
On a un autre commentaire du professeur Jacob Berry de l’université d’Alberta qui n’a pas participé à l’étude, mais qui a comparé ce processus à un système de rangement. Certaines informations seraient temporairement mises de côté pour faire place aux nouvelles, mais peuvent être retrouvées si nécessaire.
On en conclut donc que l’oubli n’est pas une défaillance du cerveau, mais un mécanisme sophistiqué qui permet l’adaptation à un environnement changeant. Cette découverte pourrait révolutionner notre compréhension des troubles de la mémoire et mener à de nouvelles approches thérapeutiques.
Pour aller plus loin
L’article en anglais sur the-scientist : https://www.the-scientist.com/forget-something-you-re-supposed-to-do-that-71601
Et pour aller encore plus loin
Un accompagnement : https://outilsnum.fr/organise-pour-reussir/